Pierre Rabhi : « Le changement est possible »

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Pierre Rabhi est agriculteur, homme politique, écrivain. Il défend ardemment sa démarche liée à « l'agroécologie », qui préserve l'environnement et l'homme. Fondateur de l'association « Terre et humanisme », il est reconnu mondialement pour ses actions, les idées qu'il diffuse et son statut de « pionnier », en matière d'agriculture bio. Rencontre à Ploërmel avec ce personnage charismatique autour du thème de sa conférence « vivre autrement, c'est possible ! ».

Pour Pierre Rabhi, il est urgent d'agir pour la planète, et sauver en même temps l'être humain © MEG_BD

Pierre Rabhi est venu à l'écologie et à ses réflexions sur l'homme et la planète « en pensant autrement ». Il estime être « au service de la vie et très heureux de l'être. Avocat de la Terre, pour la guérir », comme il se définit, il veut rendre service à l'humain. Pour lui, les actes concrets et la « rencontre des consciences » sont bien plus importants que toutes les théories et concepts qui sont développés. Lorsqu'il parle de sauvegarde de notre planète, il reste optimiste : « le ralliement des personnes qui guérissent la Terre est bien plus important, à mon sens, que toutes les péroraisons que l'on peut faire sur ce qui ne va pas » affirme-t-il. Pour lui, de toute manière, l'homme ne peut pas détruire la Terre, il ne domine pas la nature, cette entité puissante, qui s'est toujours bien sortie des crises précédentes et qui, selon lui, accomplira son programme jusqu'au bout. « Quand je vois que la société civile a encore des rêves, et des aspirations, quand je vois que désormais les jeunes souhaitent donner du sens à leur vie, cela me rend optimiste ! ».

Des solutions pour un "mieux vivre"

Mais derrière cet optimisme, gît en lui, la lucidité de l'action néfaste des hommes. Pour ce philosophe de la terre, « notre aveuglement nous conduit à massacrer la Terre, et à nous détruire dans le même temps. On malmène par exemple la planète en utilisant des substances nocives, qui se retrouvent dans notre propre corps. Tout cela est illogique, tout le monde peut comprendre ce risque, pourtant on continue ! ».
Avant d'ajouter : « notre civilisation est stupide ! Elle ne tourne vraiment pas rond ! La vie risque de devenir impossible pour les générations futures. Le phénomène de mondialisation auquel on assiste est un véritable « pillage organisé », une « anthropophagie »: je vis désormais au détriment de l'autre » . Malgré ce noir tableau, Pierre Rabhi lance des pistes pour un « mieux-être » et un « mieux-vivre » : le changement est possible, si la prise de conscience du « traquenard dans lequel nous sommes » est réelle, si les clivages sont dépassés. Et cela passera par la création de liens avec les autres, la compassion, la générosité... De plus, pour lui, « il ne faut pas seulement se dire : créons une alternative ! Il faut que tous nos actes tendent vers un humanisme universel », conclut en souriant Pierre Rabhi.

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