Construire sa maison bioclimatique de A à Z

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Patrick Blanc, auteur - photographe, est spécialiste de l’architecture en bois. Dans son quatrième ouvrage, publié en avril dernier aux éditions terre vivante, il décortique son projet d’éco- construction qu’il baptise « ma maison bioclimatique ». Lumière sur un puits d’inspiration pour l’éco-habitat.

Journal de bord d'une construction bioclimatique. © Patrick Blanc

Perché à 800 mètres d’altitude en Isère, Patrick Blanc, photographe professionnel est passé de l’image au texte. Dans son ouvrage, intitulé « ma maison bioclimatique » aux éditions terre vivante l’auteur explique, étape par étape, à travers 190 pages de croquis et d’images, le modus operandi de la conception à la réalisation de sa « sa MOB », sa Maison en Ossature Bois bioclimatique. Cet objectif de basse consommation est atteint lorsque la maison répond à elle seule en totalité ou en partie à ses besoins en au chaude sanitaire (ECS), en chauffage, voire en électricité. L’originalité de ce guide ? Donner les clés, au public avertit, pour mener à bien son propre projet. Le lecteur féru d’éco-construction y découvre schémas, lexique et comptes-rendus détaillés, à travers des photographies pertinentes.

La chasse aux fuites

On y apprend avant tout comment conserver l’énergie solaire qui pénètre gratuitement dans la maison ! C’est la philosophie des maisons bioclimatiques. L’objectif : tirer partie au maximum des conditions de l’environnement et du site alentours.

La règle d’or ?

Opter pour une exposition plein Sud des pièces de vie (salon, chambres, cuisine). Et bénéficier ainsi, au maximum, d’apports en énergie gratuits. Pour éviter alors ce que les professionnels appellent les « masques ». C’est-à-dire ces ombres sur le toit provoquées par les arbres avoisinants votre maison.

Quant aux baies vitrées, elles doivent, comme l’explique Patrick Blanc, « descendre le plus bas possible jusqu’au sol. Car il faut donner aux rayons du soleil la possibilité de pénétrer dans la maison », détaille-t-il. Même en plein hiver, lorsque le soleil est au plus bas. Une fois l’énergie extérieure captée, il s’agit de la conserver !

L’isolation reste le second pilier de la maison bioclimatique. Les larges ouvertures de l’habitat bioclimatique sont constituées bien souvent de menuiseries « mixtes », avec un triple vitrage à base d’argon. Ce gaz laisse « dix fois moins pénétrer le froid qu’un simple vitrage », précise l’auteur. En été, pour limiter le rayonnement solaire et éviter le réchauffement des fenêtres, les ouvertures sont équipées d’un brise soleil orientable.

Conserver l’énergie naturelle par une bonne isolation

Pour isoler son intérieur, l’auteur a utilisé de la ouate de cellulose et des plaques de Fermacell. Ces dernières sont  assemblées et vissées directement sur l’ossature bois. A l’extérieur, c’est à la fibre de bois qu’il doit l’isolation complémentaire, pour une bonne étanchéité à l’air.

Bien qu’il récupère ainsi un maximum d’énergie, cela ne suffit pas à assurer sa consommation énergétique.  Du coup, Patrick Blanc a fait le choix de produire de l’énergie.

Sa méthode ?

Placer une quinzaine de panneaux photovoltaïques sur son toit, sur une superficie de 20 m2 (recyclables à 90 % en fin de vie). Ceux-ci produisent jusqu’à 3000 Wc (watts crête). Le montant de cette énergie revendue à EDF se situe entre 1500 et 2500 euros par an. En plus du coût des panneaux solaires, il faut compter 300 euros de frais pour le contrat de raccordement et de rachat d’électricité.     

Des tests d’infiltrométrie pour parfaire l’étanchéité

Même si Patrick Blanc a su mettre en Å“uvre les principes bioclimatiques, il n’en reste pas moins que les infiltrations d’air dans sa maison sont responsables des déperditions thermiques l’hiver et d’apports de chaleur l’été. D’où la mise en place d’un test d’imperméabilité, essentiel pour mesurer la qualité de l’enveloppe du bâtiment.

Afin de maintenir une bonne qualité de l’air dans sa maison, Patrick Blanc opte pour une VMC à double flux, le meilleur outil pour éviter les fuites. Comment ça marche ? L’air ambiant traverse un échangeur de chaleur (dit échangeur à plaques). Il lui cède une partie de ses calories avant d’être rejeté à l’extérieur. De l’air neuf entre dans cette centrale est infiltré puis réchauffé par le contact avec les plaques de l’échangeur. Cet air est ensuite redistribué dans les pièces à vivre.

La maison est donc été ventilée avec de l’air préchauffé. Un gain indéniable pour limiter la consommation de chauffage ! Patrick Blanc nous explique que même en plein hiver, lorsque les températures extérieures atteignent  -8°, la température de la grande pièce à vivre n’est jamais descendue à moins de 17° !

Combien ça coûte? 

Pour un investissement d’environ 2000 euros le m2 TTC, après huit mois passés dans cette maison bioclimatique, son fonctionnement n’aura coûté que 320 euros, chauffage compris « Construire sa MOB coûte un peu plus cher que construire une maison traditionnelle, certes, mais c’est tellement moins cher d’usage » estime Patrick Blanc pour qui le pari de basse consommation est « gagné » !

« Ma maison bioclimatique » collection tous pour la planète, édition terre vivante, 189p, 22 euros.

 

Petit lexique de l’habitat durable:

 

BBC : bâtiment basse consommation

Besoin en ECS : eau chaude sanitaire

Maison bioclimatique : une construction qui utilise à son avantage, le climat et l’environnement de la région où elle est bâtie. Le chauffage et la climatisation y sont assurés en tirant le meilleur parti du rayonnement solaire, de l’inertie thermique des matériaux et du sol, et de la circulation naturelle de l’air.

Maison positive : elle possède un bilan énergétique positif, c'est-à-dire qu’elle produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Cela est possible grâce à des capteurs photovoltaïques sur le toit, ou encore un chauffage solaire surdimensionné (solar tank) qui alimente d’autres maisons.

Maison passive : construction très basse consommation, basée sur l’utilisation de la chaleur passive du soleil, une très forte isolation, l’absence de ponts thermiques, une grande étanchéité de l’air et le contrôle de la ventilation. Selon les normes actuelles, une maison passive n’a pas besoin de plus de 15 kWh de chauffage par m2 et par an.

Trois critères déterminent si un bâtiment peut obtenir le label :

  • Besoins en chauffage < 15 kWh/(m2.a) ou puissance de chauffe < 10 W/m2
  • Étanchéité de l’enveloppe : n50 ≤ 0,6 h-1
  • Besoins en énergie primaire totale (électroménager inclus) < 120 kWh/(m2.a)

Maison saine : les matériaux tous naturels sont choisis pour leur faible impact supposé sur ses habitants. La dimension énergétique y est moins prise en compte. Ces maisons reposent davantage sur des principes moins conventionnels comme les tracés régulateurs, l’art du feng shui ou encore le géomagnétisme et la protection magnétique

 

Plus d’infos :

http://www.maison-bioclimatique.com/

 

 

 

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