Les bonnes idées ne suffisent pas. Encore faut-il pouvoir les réaliser. Voilà la problématique rencontrée par Blandine Grosier-Midy, lorsqu'elle décide en 2009 de se lancer dans la culture du safran. Un épice exotique en Bretagne, de la folie ? « Macach ! » L'agricultrice se jette à l'eau en 2009 en fondant son entreprise Le Safran d’Armor. Entourée d'un accompagnement avec la Boutique de gestion des Côtes d’Armor.
« En validant mon projet et en produisant mon budget prévisionnel, cette structure m'a donné assez de crédibilité auprès des banques. J'ai pu acquérir une trésorerie et investir dans la construction d'un bâtiment avec une boutique de vente et un atelier », retrace l'agricultrice, devenue entrepreneuse.
Parallèlement, elle assiste à des formations commerciales. Un labeur bien récompensé en 2010 lors du Concours Talents des Boutiques de Gestion, qu'elle remporte dans la catégorie Dynamiques rurales. « Une véritable reconnaissance, qui m'a donné confiance professionnellement », avoue-t-elle.
800 000 bulbes de « Crocus sativus » !
Depuis, cette quarantenaire a même reçu l'agrément « Bienvenue à la ferme ». Elle reçoit les curieux, bouche bée.
« La fleur de safran est cultivée dans les montagnes humides du Maroc, de l'Espagne ou d'Iran (premier producteur, avec 50 t/an). Et contre toute attente, elle se porte très bien ici à Pludual (22). Mes fleurs éclosent en octobre avec le froid et la pluie. Elles ne vivent que 24 h ! Il faut être là le bon jour pour les cueillir. Environ 1200 fleurs à l'heure par ramasseur... Il faut ensuite les émonder pour recueillir le pistil, puis le sécher au four. On obtient ainsi le safran ». De cette poudre jaune, l'orfèvre verte ne récolte guère plus d'un kilo chaque année, vendu 30 euros/g.
Celle-ci est écoulée sur les marchés locaux, sous une forme pure ou dérivée (confitures, gelées aromatisées…) ainsi que dans les épiceries fines. Et depuis peu, au restaurant La Grée des Landes, appartenant à Yves Rocher, La Gacilly (56). Une route de l'épice résolument bretonne.
« 277 nouveaux emplois »
Les Boutiques de gestion, formant un réseau associatif national, ont récemment été rebaptisées Ensemble agir pour entreprendre. Il en existe une dans chaque département en France. Leur but : accompagner gratuitement les créateurs d'entreprise, tout en les sensibilisant au développement durable. Et notamment dans le domaine des services à la personne et de l'artisanat.
A Guingamp, 1200 porteurs de projet ont été reçus en 2010. « Nous en avons accompagné 810, dont 231 ont créé ou repris une entreprise. Cela représente 277 nouveaux emplois cette année-là », détaille Estelle Michineau de la boutique costarmoricaine.
Plus d'infos
A lire aussi
Microcrédit : le coup de pouce pour entreprendre

par