S'isoler avec des copeaux de bois !

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A Peillac, dans le Morbihan, Anthony Serazin et sa petite famille sont en plein chantier. Leur but : construire une maison qui soit la plus respectueuse possible de l'environnement, en utilisant un maximum de matériaux écologiques. Pour l'isolation de leur construction, ils ont choisi d'utiliser... des copeaux de bois ! Un bon matériau, tant du point de vue économique qu’écologique. Reportage.

13 tonnes de copeaux d'épicéa non-traités ont été utilisées sur ce chantier morbihannais. © MEG_BD

A deux pas du bourg, dans la campagne, sur le chantier de construction de cette maison peillacoise, des hommes s'affairent, jouent du marteau, de la scie, déplacent les matériaux, dans un nuage de copeaux de bois... Nous sommes dans la future maison d'Anthony Serazin, une maison qui se veut respectueuse de l’environnement. Un gros tas de copeaux à l'intérieur du bâtiment attire l'attention : des restes de toutes les planches sciées ? Non ! « Nous avons utilisé tout cette matière pour notre isolation ! », raconte Anthony. Une idée qui lui a été soufflée par Bruno Gautier, salarié indépendant, qui a été embauché ainsi que quatre autres personnes, pour mener à bien le chantier. « Il avait déjà travaillé avec ce matériau, et il cadrait bien avec notre démarche, on a donc été séduit », raconte le peillacois. Ce sont au total près de 13 tonnes de copeaux d'épicéa non traité, utilisés habituellement dans les poulaillers pour les litières des bêtes, et fournis ici par un négociant qui les achète à un industriel du copeaux, qui ont été utilisées pour la maison.

Une couche de 40 cm de copeaux est présente dans les sols pour l'isolation. © Serazin


7 fois moins cher que la cellulose

Une couche de 40 centimètres isole le toit et le sol, et 25 centimètres sont présents dans les murs, le tout insérés entre des panneaux de Fermacell (fibres de cellulose et gypse) et des panneaux d'Agepan (fibres de bois avec de petites quantités de liant exemptes de formaldéhyde ), pour bien tasser le tout. Mais pourquoi avoir utilisé des copeaux ?  « C'est agréable à travailler, et puis économiquement c'est également intéressant », explique Anthony, « le budget pour l'isolation avoisine ici les 3500 euros, soit sept fois moins cher que si on avait mis de la ouate de cellulose par exemple ». Pour Bruno Gautier, à l'Å“uvre sur le chantier, « c'est encore un « sous-produit » de l'industrie, il reste bon marché ». Outre ces avantages économiques, les copeaux de bois présentent également des qualités isolantes singulières : « ils forment un matériau qui régule l'humidité et les flux thermiques, celui-ci respire bien. Ce manteau homogène est très efficace », précise encore Bruno Gautier. Il faut cependant prendre en compte certaines contraintes : l'isolation en copeaux de bois ne bénéficie pas encore d’avis techniques (DT ou DTU), qui garantissent un cahier des charges de mise en oeuvre et valident une performance thermique. De fait, les artisans qui les posent n'ont, pour la plupart, pas de garantie décennale couvrant ce produit (garantie qui empêche le propriétaire de poursuivre le maitre d'Å“uvre pour malfaçon sur un chantier pendant 10 ans). Ce qui fait que, pour l'instant, ces copeaux demeurent principalement utilisés en auto-construction…
Pour Anthony, l'isolation est désormais presque terminée. Plutôt que de traiter les copeaux de bois, des petites grilles ont été installées en bas des murs extérieurs pour empêcher les rongeurs d'accéder à l'isolant, et en haut des murs contre les oiseaux. « Mais de toute façon, souligne Anthony Serazin, les rongeurs ne peuvent pas créer de galeries dans les copeaux, car elles s'effondrent tout de suite ! ». Ne reste plus qu'à attendre la fin de la construction, prévue pour début juillet, histoire de voir si les copeaux tiendront toutes leurs promesses !

 

Comment les copeaux ont-ils été mis en place ?

Pour installer son isolation, Anthony Serazin a utilisé un moyen original: « Avec une desileuse-pailleuse, engin agricole qui sert à distribuer de l'ensilage de maïs aux animaux, nous avons décompacté les copeaux qui ont été envoyés ensuite directement par tas dans la maison », détaille-t-il. « Puis, il a fallu les insérer dans les murs, par le haut! Et pour aller jusqu'au toit, un petit chariot élévateur emmenait tout en haut les copeaux dans des caisses en bois ». Toute une organisation sur le chantier, où les coups de mains alors se sont succédés ! Petite précision complémentaire : la mise en place de câbles électriques est déconseillée à l'intérieur des murs isolés par des copeaux. Enfin, il ne faut pas oublier que les copeaux sont volatiles, et génèrent donc beaucoup de poussière lorsqu'on les utilise, ce qui oblige à porter un masque.

 

 

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