enterrement verte

Une façon plus verte de partir : Explorer les pratiques de mort respectueuses de l’environnement

Explorer les options de funérailles et d’enterrement écologiques qui s’alignent sur la culture et la tradition pour minimiser notre impact environnemental même après la mort.

Les impacts environnementaux de la mort sont tout aussi importants que ceux de la vie, mais la mort est souvent négligée dans les actions environnementales. Cet oubli est généralement dû à un malaise culturel avec la mort, ce qui entraîne un manque de considérations environnementales lorsque vient le temps de planifier des funérailles/une inhumation. La mort étant importante pour l’environnement et la culture, il est important de trouver des solutions écologiques qui s’inscrivent dans le cadre culturel. Pour explorer les options écologiques disponibles, l’enterrement chrétien « traditionnel » sera utilisé comme une étude de cas pour examiner certaines des pratiques de mort les plus dommageables pour l’environnement.

Les traditions de mort modernes ont plusieurs composantes clés, mais les composantes les plus dommageables pour l’environnement sont l’embaumement du corps, l’utilisation de cercueils* et l’inhumation dans les cimetières.

L’embaumement est devenu une pierre angulaire d’une mort américaine pendant la guerre civile, car l’embaumement permettait aux corps des soldats morts de rester intacts pendant les longs trajets en train jusqu’à leur domicile pour être enterrés. Cependant, la capacité de l’embaumement à préserver temporairement un corps est due à sa capacité à tuer ou à inhiber les bactéries responsables de la décomposition, mais les dommages s’étendent également aux autres tissus biologiques. Le principal produit chimique responsable de cette conservation est le formol (formaldéhyde mélangé à de l’eau), qui est un agent cancérigène hautement toxique et est lié à divers problèmes de santé.

Combiné à la puissance à long terme du formol, les litres de formol mis dans le sol avec un corps embaumé peuvent s’infiltrer dans le sol environnant en contaminant le sol.

Sans être directement dommageables, les cercueils et les cimetières ont également un impact négatif sur l’environnement. Les matériaux utilisés dans les cercueils, le bois, les plastiques, les métaux, les tissus et les peintures/vernis, créent tous différents risques environnementaux dans leur production, leur transport et leur utilisation. L’utilisation de caveaux, qui sont des boîtes souterraines pour le cercueil, contribue également aux émissions de gaz à effet de serre en utilisant du béton et en nécessitant des machines fonctionnant aux combustibles fossiles. Toutefois, ces impacts sont moindres si on les compare à l’utilisation continue d’engrais et de pesticides utilisés par les cimetières pour maintenir l’apparence d’un gazon vert luxuriant. La grande quantité d’espace, combinée au ruissellement de l’eau enrichie en engrais et aux risques chimiques que ces cimetières créent, tout cela contribue à des dommages environnementaux prolongés.

Ces impacts négatifs des funérailles modernes peuvent être contrés de deux façons : échanger des aspects de l’enterrement pour des alternatives plus écologiques ou changer entièrement la forme d’enterrement.

L’option d’utiliser des substituts plus écologiques est possible dans de nombreux cas. L’embaumement, qui est facultatif, peut ne pas être utilisé du tout et si un corps doit être conservé à court terme, le maintien du corps en réfrigération fonctionne bien. Sinon, si un corps doit être embaumé, il existe un nombre croissant d’options non formolées, comme le liquide d’embaumement de la marque Enigma, qui assurent une conservation similaire mais avec un impact environnemental réduit. Quant aux options de cercueils alternatifs, ils peuvent être fabriqués à partir de matériaux recyclables et/ou biodégradables ou remplacés par des linceuls, et une certaine planification minutieuse avant l’enterrement peut permettre un terrain d’enterrement non voûté et/ou naturel (terrains d’enterrement qui ne nécessitent pas un entretien lourd). Certaines zones d’enterrement naturelles peuvent même assurer la protection environnementale des habitats ; on parle alors d’enterrement de conservation.

L’option de changement de forme d’enterrement est souvent centrée sur la forme du corps au moment de l’enterrement, un corps intact ou des cendres. La crémation est une meilleure option que l’enterrement standard, mais la crémation a également des impacts environnementaux négatifs. Le chauffage du corps à environ 1000°C pendant plusieurs heures nécessite la combustion prolongée de combustibles fossiles. De plus, les températures élevées brûlent une variété de tissus et de substances corporelles créant différents gaz dangereux, y compris le mercure dentaire, qui est vaporisé et libéré dans l’environnement, ce qui entraîne des risques pour la santé dans la zone environnante.

Le processus nécessite la même quantité de consommation d’eau qu’une personne seule sur une période de deux jours, a besoin d’une fraction de l’énergie des crémations au feu, et n’a pas d’émissions directes de gaz à effet de serre. Une autre option écologique encore en développement est la promession, qui consiste en une crémation par congélation. La méthode consiste à décomposer le corps en le lyophilisant, puis à le faire vibrer pour en faire de petits morceaux, dont l’excès d’eau et de métal est ensuite éliminé, créant ainsi des cendres. Bien que ce processus soit encore en développement, il offre une méthode économe en énergie et ne produisant pas de toxines pour les pratiques d’enterrement.