Dorades grises_Yannis Turpin_Agence des aires marines protégées

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Notre-Dame-Des-Landes : Hors de question de baisser les bras!

Le tribunal administratif de Nantes a rejeté les recours intentés par FNE, FNE Pays de la Loire, Bretagne Vivante, la LPO Loire-Atlantique, Eau & Rivières de Bretagne et SOS Loire-Vivante-ERN France à l’encontre des différentes autorisations environnementales du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Les associations font appel de ces décisions.

La cour administrative d’appel de Nantes, qui sera saisie dans les prochains jours par les associations, devra examiner la régularité des analyses des juges de première instance. Ces analyses sont critiquables sur de nombreux points au niveau juridique : minimisation de la portée du rapport du collège d’experts scientifiques, refus d’examen comparé d’autres sites quant à la présence de zones humides, erreur dans l’échelle d’appréciation de l’état de conservation des espèces … « Les motifs de fragilité du raisonnement du tribunal administratif ne manquent pas, justifiant notre choix de le contester devant le juge d’appel » indique Yves Lepage, vice-président de FNE Pays de la Loire.

Un dossier toujours pendant devant la Commission européenne

Les juges ont également estimé que l’aéroport et le réaménagement des voiries aux alentours (programme viaire) ne constituaient pas deux projets interdépendants et ont par conséquent rejeté l’argument de l’absence d’évaluation environnementale globale de ces deux volets du projet. Pourtant, ce point suscite de vives critiques de la part la Commission européenne : « la France fait sur ce projet l’objet d’une mise en demeure de la Commission pour violation de la directive sur l’évaluation environnementale des plans et programmes » souligne Gilles Huet, délégué régional d’Eau & Rivières de Bretagne.  Il rappelle que cette mise en demeure n’a toujours pas été satisfaite.

Un nouvel aéroport l’année de la COP 21 ?

Dans l’attente des décisions d’appel, les associations rappellent que plusieurs autorisations manquent pour que les travaux puissent être lancés. Elles renvoient le gouvernement à sa responsabilité  au moment où la France organise à l'automne le sommet sur le climat et lui demandent  de remettre le dossier entièrement à plat : « localisé au pire endroit possible, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes favorise un mode de transport du passé, extrêmement gourmand en énergies fossiles. Quel exemple à quelques mois de l’accueil de la COP 21 ? » s’interroge Denez L’Hostis, Président de France Nature Environnement.

Napauléon Watson, l’égo-logiste 

Alors qu'est réédité cette année aux éditions Actes Sud « Earthforce », ouvrage dans lequel Paul Watson se présente comme un éco-guérrier, il n'est pas inutile de rappeler que le très médiatique « pirate » de l'écologie ne fait pas l'unanimité auprès des défenseurs de l'environnement. Dans le texte ci-dessous, Alain Le Sann, président du festival Pêcheurs du monde à Lorient et du collectif Pêche et Développement veut attirer l'attention sur l'attitude et le discours de Paul Watson qu'il considère comme étant « antispéciste et antihumanistes ». 

Prolongez le débat en lisant notre interview de Paul Watson dans le dernier numéro de Bretagne Durable, désormais disponible en kiosque.

   " Paul Watson place la réédition de son manuel de stratégies pour défendre la planète (1993) sous l’égide de Napoléon, dont il admire le charisme. Nul doute qu’il en fasse son modèle, lorsqu’il s’agit de contrôler son image et de manipuler les médias en créant « un mythe autour de sa personne ». Ce charisme est « au service de la Terre et de tous ses enfants ». Mais ces enfants ne sont pas seulement « les animaux humains », parce que « la vie d’un humain a autant de valeur que celle d’un animal. La vie d’un animal a autant de valeur que celle d’une plante. La vie d’une plante a autant de valeur que la montagne ou le lac ». Mieux,« les vers, les fourmis, les bactéries et les poissons sont plus importants que les êtres humains ». De ce fait, les productions culturelles des humains « n’ont aucune valeur pour la Terre quand on les compare à n’importe quelle espèce d’oiseau ».

 

   Pour Watson, les humains se divisent en deux catégories, les biocentriques et « les pratiquants de la religion anthropocentrique », ses ennemis. Pour les convaincre, l’éco-guerrier, « disciple des réalités spirituelles naturelles », peut les tromper en respectant « le système anthropique » qu’il veut détruire. Cet art de la dissimulation va jusqu’à la manipulation revendiquée des médias, la diffusion de fausses informations. Il faut croire que cela fonctionne si l’on considère les articles à la gloire du Capitaine Watson. On s’inquiète pourtant lorsqu’il écrit : « Dans le contexte de la nature, tous les animaux peuvent tuer leur petit, s’ils ne peuvent garantir la sécurité et la santé de leur progéniture ». On est un peu rassuré lorsqu’il considère que cela se limite pour la femme au droit à l’avortement. Par ailleurs, il est fier de veiller dans ses activités d’éco-guerrier à ne pas blesser ses soldats ou ses ennemis. On se demande tout de même comment il parviendra à une croissance négative de la population. Il ne devrait pas se précipiter pour lutter contre la famine considérant qu’il s’agit là d’une régulation naturelle. Il veut en effet bannir l’agriculture, l’industrie et la guerre et ramener l’humanité au stade des cueilleurs. Il a affirmé récemment qu’il souhaitait interdire la pêche « sauf à la main » et que son idéal serait de placer les humains dans des réserves restreintes, en groupes réduits de quelques milliers, pour laisser la nature aux autres espèces animales. L’avenir de l’homme est de redevenir animal et primate prouvant ainsi qu’il est vivant… Vaste programme."

Alain Le Sann Juillet 2015

Plus d'infos :

www.pecheursdumonde.org

Sur le site de Pêche et développement 

Pascal Delamillieure : « Le fonctionnement compétitif mène à penser à soi d'abord quitte à écraser les autres »

Pascal Delamillieure est psychiatre, chef du service adulte de l'hôpital psychiatrique de Caen. Le 17 juin dernier, il est intervenu à Rennes lors d'un colloque consacré aux apports des neurosciences dans le domaine du bien-être au travail. Pour Bretagne durable, il revient sur les bases de cette science émergente et sur les évolutions de notre cerveau. Pour ce médecin, le passage d'un fonctionnement compétitif vers une pensée dite altruiste constitue « la bonne voie » pour répondre aux défis économiques, sociaux et écologiques actuels. Interview sonore.

 

Jean-Denis Budin : « le changement de l'organisation de la société passera par des rappels à l'ordre dans la santé publique ».

Jean-Denis Budin est directeur du Credir, le centre d'entraînement des professionnels en transition. Le 17 juin, il est intervenu dans le cadre d'un colloque sur les neurosciences et le management, à Rennes. Au delà de la question écologique, le rapport au temps d'une société devenue hypermédiatique et le respect des rythmes du corps sont, pour lui, des enjeux de santé publique.

 

Notre Dame des Landes : une grave erreur économique, financière et écologique

Comme les professionnels de l’aviation civile et les environnementalistes, la FNAUT a dénoncé de longue date le projet de nouvel aéroport nantais.

Elle déplore le soutien obstiné du gouvernement à ce projet, contradictoire avec toutes ses déclarations sur la biodiversité, la transition énergétique, le réchauffement climatique et la nécessité d’économiser l’argent public. 

Un investissement inutile

Le projet, approuvé par des grands élus locaux et régionaux, repose sur une illusion : la zone de chalandise du Grand Ouest est bien trop limitée pour justifier des liaisons aériennes fréquentes avec les métropoles internationales (USA, Chine,…).

Le bon choix consiste à faire face à la hausse de trafic court et moyen-courrier en modernisant l’aéroport existant (en particulier ses accès et son aérogare) et en améliorant les pré et post acheminements des passagers aériens par TGV entre le Grand Ouest et les aéroports parisiens, où les dessertes longs-courriers sont fréquentes et diversifiées.

Moderniser et accélérer les grandes relations entre métropoles par TGV et Intercités (dont Nantes-Bordeaux) fournirait à une partie des voyageurs à moyenne distance une alternative à l’avion.

Un gaspillage d’argent public

Le choix d’un nouvel aéroport constituerait un regrettable gaspillage d’argent public, d’autant que la présence d’une usine Airbus implique le maintien de l’aéroport actuel.

Ce choix serait particulièrement choquant alors que l’Etat comme les collectivités territoriales manquent de ressources pour maintenir des transports collectifs, urbains et régionaux, de qualité.

Un choix anti-écologique

Une confirmation du projet par le gouvernement serait incohérente : comment justifier le lancement d’un investissement qui détruirait un espace naturel et agricole précieux et favoriserait le trafic aérien, le plus nocif pour l’environnement, et dans le même temps faire voter des lois sur la transition énergétique et la biodiversité, et organiser une conférence internationale sur le climat ?

 
 

Jean Jouzel : "Le réchauffement climatique est sans équivoque et sans précédent"

Alors que des records de chaleur ont été battus dans plusieurs villes et régions de France ces derniers jours, il est légitime de s'interroger sur le réchauffement climatique. L'occasion de regarder cette vidéo de la conférence du climatologue Jean Jouzel, organisée le 18 juin à Saint-Brieuc, par le Conseil Départemental des Côtes d'Armor et Saint-Bieuc Agglomération en partenariat avec Bretagne Durable. Pour le scientifique, le "réchauffement climatique est sans équivoque et sans précédent". Et, pour lui, le rôle joué par les activités humaines est un facteur important dans l'augmentations des températures. Explications. 

Retrouvez Jean Jouzel dans le prochain numéro de Bretagne Durable et notre dossier sur les océans !