Dorades grises_Yannis Turpin_Agence des aires marines protégées

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La Cop21 financée grâce au greenwashing ?

Renault, EDF, ou encore Air France et BNP Paribas... Plusieurs grandes entreprises ou groupes français participent au financement de l’organisation de la Conférence sur le climat des Nations Unies de Paris (COP21) à la fin de l’année. Des partenariats « incompatibles » avec les enjeux de l’événement pour plusieurs ONG et militants écologistes.

196 délégations et plus de 40 000 participants sont attendus à Paris lors de la COP21 (Conférence des Nations Unies sur le changement climatique), du 30 novembre au 11 décembre 2015. Une « réception » qu’il faut bien financer. Le gouvernement dispose d’une enveloppe de 165 millions d’euros pour organiser l’événement et, rigueur budgétaire et loi de Finance obligent – pas un cent de plus. Or, le coût total de la manifestation est évalué à 187 millions d’euros.

Une conférence « sponsorisée » par Ikéa

Pour financer les 20 % restants, le gouvernement a eu la bonne idée de faire appel à des sponsors. Laurent Fabius a déjà révélé le nom des vingt premiers partenaires privés de la COP21. Parmi eux, on trouve des sociétés d’assurance (Axa, Generali...), des banques (BMP-Paribas, Caisse des dépôts) et de grands groupes comme les Galeries Lafayette ou Ikéa. Il n’en fallait pas plus pour faire crier les ONG au greenwashing. D’autant que plusieurs sponsors sont de grandes entreprises du secteur de l’énergie comme EDF, ERDF et Engie. Mais aussi des sociétés du secteur de l’automobile (Renault Nissan) et des transports (Air France, La Poste). On a connu plus « vert »...

Des entreprises « climato-incompatibles »

Le 27 mai dernier, plusieurs associations (Attac, 35.org, Corporate Europe Observatory, Les Amis de la Terre, WECF) ont réagi a cette annonce en publiant un communiqué commun. La liste des mécènes de la COP21 « comprend des multinationales françaises qui ne sont pas compatibles avec le climat », ont indiqué ces organisations. Pascoe Sabido, représentant du Corporate Europe Observatory, assure qu’on ne peut pas « négocier un accord sur le climat avec ceux qui sont responsables du changement climatique ». D’aucuns soulignent l’incohérence de voir figurer EDF sur la liste des partenaires. « Quand on contribue au développement du nucléaire, on est dans le crime intergénérationnel ultime », tempête Jean-Paul Jaud, réalisateur du film Libres ! « Si EDF enclenche un vrai processus de désengagement nucléaire, il pourrait être associé à l’événement. Mais ça n’est pas le cas aujourd’hui. »

Plus d’infos :

www.amisdelaterre.org/Non-Les-sponsors-prives-de-la.html

 

Amendement sur le gaspillage alimentaire : la responsabilité de la grande distribution pointée du doigt

© Fotolia 

Alors que Ségolène Royal reçoit ce jeudi 27 août les représentants de la grande distribution, dans le texte ci-dessous, France Nature Environnement pointe du doigt la resposabilité de ce secteur en matière de gaspillage alimentaire. 

Il faut réduire à la source le gaspillage dans le champ, à l’usine, dans les hypermarchés, dans les restaurants et pas seulement chez le citoyen. Le gaspillage alimentaire est un scandale social, environnemental et économique. Le consommateur est le seul à assumer le coût du gaspillage qui est répercuté sur le prix des produits. Si demain ce gaspillage disparaissait, les prix baisseraient et le bio serait accessible à tous. Aussi, FNE salue l’adoption à l’unanimité de l’amendement portant sur le gaspillage alimentaire qui pointe la responsabilité de la grande distribution. Cette loi devrait permettre de lever le voile sur la répartition du gaspillage entre agriculteurs, transformateurs, distributeurs, restaurateurs et citoyens. L’objectif de réduction de 50 % du gaspillage alimentaire à horizon 2025 est entériné. La distribution du gaspillage ne peut pas constituer l’unique solution. Il y a trop à distribuer !

France Nature Environnement 

Plus d'infos :

www.fne.asso.fr

La longue route des navires poubelles

L'association Mor Glaz rappelle dans un récent communiqué que "Oncéan Jasper", bateau "bloqué à Brest depuis 2007 ne peut être vendu à aucun armateur… qui serait forcément un « pseudo-armateur » ". Pour Mor Glaz ce "navire poubelle" doit "être envoyé rapidement et au plus vite vers un chantier de déconstruction Français". Ces propos renvoient au fait que l'embarcation risque toujours d'être revendu et de repartir voguer sur les flots... Malgré les risque de naufrage... Ci-dessous, un article publié dans Bretagne Durable au printemps 2013 sur le sujet. Et qui reste cruellement d'actualité...

 

La longue route des navires poubelles 

Ils sont trois cargos a être abandonnés dans les ports de Bretagne. Depuis plusieurs mois ils attendent, inlassablement, la fin de la procédure qui les autorisera à être démantelés. L’Antigone Z est un de ces navires battant pavillon panaméen, à quai depuis près d’un an dans les ports de Douarnenez puis Brest. Une poignée de marins, accompagnés par l’association Mor Glaz, manifeste sa désapprobation contre les « voyous des mers », qui abandonnent bateau et équipage. Opération coup de poing !

Non aux bateaux poubelles ! Stop aux pseudo-armateurs ! Libérez nos ports des navires ventouses ! » L’ambiance est au rendez-vous, en ce 28 février. Une dizaine de marins, à l’appel de l’association Mor Glaz et de la CGT, prennent d’assaut l’Antigone Z, dans le port de Douarnenez. Ils n’hésitent pas à monter sur le navire de 78 m de long, à pendre des banderoles, sans crainte de représailles. « Depuis 10 mois, le cargo est amarré à ce quai, explique un passant. Il perturbe le fonctionnement et le trafic du port de pêche ». Ce navire a été abandonné, tout simplement, par son propriétaire... 

Au secours des marins

 « Il y a le problème des bâtiments, mais aussi celui des marins », détaille Jean-Paul Hellequin, le président de l’association brestoise Mor Glaz de défense de l’environnement maritime. Cet ancien marin de l’Abeille Flandre voue un combat acharné à cesbateaux abandonnés. « Lorsque le Centre de sécurité des navires a arrêté l’Antigone Z à Douarnenez pour raisons graves en avril dernier, l’équipage et son capitaine se sont mis en grève. Ils pensaient ainsi faire pression sur leur armateur et récupérer leurs arriérés de salaires qui s’élevaient à plus de 226 000 dollars ! » Mais les mois passent et rien ne bouge. Des discussions s’ouvrent entre les autorités et les responsables du bateau : un affréteur hollandais battant pavillon panaméen et un armateur grec dont la société est lituanienne. Ces derniers finissent par quitter la table des négociations au mois de mai, abandonnant tout derrière eux. Si bien que les marins, toujours en grève, n’ont obtenu aucune compensation. Il a finalement fallu l’intervention de Mor Glaz pour « décider de vendre toute la marchandise du bateau. Grâce à cette action, les marins ont pu être rémunérés et rentrer chez eux, se félicite Patrick Gloaguen, l’un des manifestants CGT. Certains nous joignent depuis le monde entier en nous demandant de les aider. Ils peuvent se retrouver sans vivre, ni salaire. Sans aucune nouvelle de leur armateur pendant des mois ! », renchérit-il. Maissi les marins repartent, le navire, quant à lui, reste à quai...

Toute la question du démantèlement

À l’heure où nous mettons sous presse, l’Antigone Z a été remorqué à Brest grâce au financement des collectivités locales - et non de l’armateur ! - « pour rejoindre un autre navire abandonné, le Captain Starev », se désole Jean-Paul Hellequin. Mais combien de temps restera-t-il alors à dépérir dans la rade ? Quand viendra le temps de son démantèlement ? Et où sera-t-il déconstruit ? La peinture du cargo s’effrite, certaines machines, nous disent les militants, ne sont plus en état de marche. Le soleil fait ressortir les multiples réparations de la coque. Il n’a plus l’allure qu’il avait autrefois. « Lorsque ces situations se présentent, ces navires ventouses doivent être déconstruits au plus près. En France, lorsque ces abandons se passent en France ! », affirme le président de Mor Glaz. Car le territoire dispose d’industriels qui souhaitent et qui ont les compétences pour la déconstruction des vieux navires civils et militaires. Or selon Mor Glaz : « des lobbyings sont opposés au démantèlement des vieux navires à Brest. Alors que cette filière permettrait de créer des dizaines d’emplois sur le territoire et aussi un trafic maritime portuaire significatif ». L’association estime que 1200 navires sont démantelés chaque année, dont 85 % en Asie, dans des conditions sociales et environnementales déplorables. Du côté de la ville, on s’explique en arguant du fait que « les équipements sont plutôt prévus pour de la réparation et de la construction navale », selon Laurent Bonnaterre, attaché presse à Brest Métropôle Océane. Tout en précisant que les infrastructures portuaires sont propriété de la région Bretagne, et non pas de la ville. Peu de chance donc, que l’Antigone Z soit découpé sur nos côtes. Il rejoindra alors peut-être Bordeaux, au mieux, ou la Turquie, l’Asie... Un véhicule de la ville s’approche du groupe de manifestants, contourne la voiture de police qui s’est garée en surveillance, puis s’arrête devant le bateau. Les employés descendent et commencent à nettoyer, imperturbables, les abords du quai. L’un d’eux dirige son jet d’eau sur un graffiti de la coque de l’Antigone Z. Mais l’inscription « Bateau poubelle », écrite voici presque un an par les marins, refuse de s’effacer.

Plus d'infos :

www.morglaz.org

 

 

Concarneau : un "écopôle" dédié à la construction écologique

L’Écopôle de Concarneau Cornouaille Agglomération ouvrira ses portes en septembre. Ce lieu dédié à la promotion de l’éco-construction sera animé par l’association bretonne référente du secteur, Approche Éco-Habitat. Le bâtiment écologique, flambant neuf, accueille aussi une pépinière d’entreprises depuis le début de l’année. 

Quoi de plus naturel que d’accueillir un centre de promotion de l’écoconstruction dans un bâtiment écologique ? En mars dernier, Concarneau Cornouaille Agglomération a confié la gestion et l’animation de son tout nouveau Ecopôle à l’association Approche Eco-Habitat. « Le lieu sera inauguré en septembre. Ouvert aux professionnels comme au grand public, il sera destiné à la formation et à la sensibilisation aux techniques et principes de la construction écologique », résume Jean-Yves Brelivet, président d’Approche Eco-Habitat.

Promouvoir l’éco-construction

Un vaste hall, ouvert à la lumière naturelle grâce à de grandes baies vitrées, accueillera une exposition permanente sur l’éco-construction comprenant des maquettes pour illustrer différents aspects de l’éco-habitat. Une « matériauthèque » présentera des matériaux sains : chaux, chanvre, ouate de cellulose, laine de bois... Devant l’Ecopôle, un jardin pédagogique donne déjà à voir aux visiteurs les manières de concevoir un jardin écologique. Enfin, un cycle de conférences et de formations animées par des techniciens aguerris et des spécialistes sera mis en place pour les professions du bâtiment, mais aussi les particuliers. « L’idée est que le pôle devienne une référence régionale. Le fait d’avoir été choisi par la collectivité est une grande reconnaissance pour notre association. Cela assoit notre légitimité dans le secteur et nous donne des moyens importants pour promouvoir l’éco-construction et l’éco-habitat sur le territoire », assure Jean-Yves Brelivet.

Le bâtiment de plus de 600 m² accueille aussi une salle de conférence. Mais surtout une pépinière d’entreprises. Six bureaux et deux ateliers sont destinés à de « jeunes pousses » du territoire dont les activités sont liées au développement
durable. À l’image de l’ensemble de ce projet, l’architecture de la construction est exemplaire. « Cette réalisation est un bâtiment responsable conçu pour des utilisateurs responsables » indique l’architecte, Xavier Stocq. « Nous avons voulu que
les occupants prennent part activement aux problématiques environnementales liées à l’architecture. » Nul doute que ce sera le cas !

Plus d'infos :

www.concarneau-cornouaille.fr

www.approche-ecohabitat.org

Un circuit de jet-ski sème le trouble dans le parc d'Iroise

Des jet-ski dans une zone Natura 2000 en plein Parc marin d’Iroise ? Bientôt une réalité, si l’on en croit un vote récent du conseil de gestion du parc. Les associations environnementales s’opposent fermement à ce projet.

Le Parc marin d’Iroise a donné son feu vert pour la création d’un circuit de jet-ski. Une décision adoptée par le conseil de gestion du parc, le jeudi 4 juin. Le parcours destiné aux scooters des mers devrait longer le sentier côtier allant de Crozon à Camaret. La société Jet 29 pourrait, dès cet été, effectuer des randonnées avec 4 ou 5 véhicules sous l’encadrement d’un moniteur.

Scooters des mers en zone Natura 2000

Mais le projet est loin de faire consensus. Les associations environnementales membres du conseil de gestion du parc s’y sont opposées. Parmi elles, Eau et Rivières de Bretagne et Bretagne Vivante. « Le secteur est classé en zone Natura 2000 et les animaux marins et les oiseaux y sont protégés », rappelle Jean Hascoët, représentant d’Eau et Rivières et président de Baie de Douarnenez Environnement. « Ces engins sont très rapides et bruyants. Ils vont déranger poissons et oiseaux. Nous ne souhaitons pas sanctuariser le territoire. Nous voulons simplement que l’on respecte les abords de ce sentier qui est l’un des plus beaux de Bretagne », continue-t-il.

Une « porte ouverte » à d’autres autorisations

La décision a d’autant plus de mal à passer qu’elle est la première actée par le nouveau conseil de gestion dirigé par Nathalie Sarrabezolles (également présidente du Conseil départemental du Finistère) qui succède à Pierre Maille. « Nous avons du mal à comprendre que des personnes acceptent cela. Nous nous opposerions de la même manière à la création d’un circuit de moto dans le parc naturel régional d’Armorique », explique Jean Hascoët. Thierry Cantéri, directeur du Parc, s’est voulu rassurant en expliquant à nos confrères de Ouest-France que « le circuit ne pourra pas s’approcher de certaines zones pour les oiseaux et la vitesse devra être considérablement réduite dans d’autres ». Jean Hascoët reste circonspect à propos de cette mesure et craint « qu’elle soit la porte ouverte à d’autres autorisations d’activités pouvant être nuisibles à l’environnement du parc ». La société Jet 29 n’attend plus que l’autorisation finale du préfet pour lancer ses jet-ski à l’assaut des côtes de la presqu’île de Crozon.

Plus d’infos :

www.baiedouarnenezenvironnement.com
 

Docteur Lionel Coudron : « Le jeûne a des effets stimulants »

Le docteur Lionel Coudron est un médecin qui pratique le yoga depuis plus de 40 ans. Il enseigne cette technique dans une perspective thérapeutique dans le cadre de l’institut de yoga thérapie qu'il dirige à Paris. Nutritionniste diplômé, il est aussi un promoteur de la pratique encadrée du jeûne. Interview.

Retrouvez des arguments de spécialistes pour ou contre la pratique du jeûne dans le dernier numéro de Bretagne Durable.

Quels sont les bénéfices du jeûne pour le corps et l'esprit ? Pourquoi jeûner ?

Le jeûne peut avoir des bénéfices pour la santé et le bien être. C'est un peu comme si l'on pouvait reconfigurer la machine et du coup il y a des corrections sur les pathologies inflammatoires et de surcharge comme le syndrome métabolique, les trouves cardio-vasculaires etc.On en ressort en général d'un jeûne en pleine forme y compris sur le plan psychique. Lorsque l'on jeûne, il y a une utilisation des grasses et cela produit des "corps cétoniques" qui ont un effet à la fois stimulant sur le plan psychique et qui calme la faim (anorexigène); ce qui fait que l'on ne sent pas la faim et que l'on se sent bien. Cependant, il existe des contre-indications. 

Justement, comment jeûner ? Dans quelles conditions ? A quoi faut-il être vigilant ?

Pour jeûner, il faut... arrêter de manger. Ce n'est pas plus difficile. Il faut respecter les contre-indications et il faut boire suffisamment (eau minérales, infusions...) ne pas ingérer de sucre, et continuer à être actif. Il ne faut pas rester au lit pour fabriquer de la masse musculaire. Et il faut vérifier sa tension artérielle.

Certains professionnels de santé et/ou scientifiques expliquent que le jeûne n'a aucune vertu et pourrait même être dangereux car l'organisme puise dans ses réserves et que le système immunitaire peut-être défaillant. Que pourriez-vous leur répondre ?

Que cela peut être vrai chez les personnes qui sont en carence, qui ont des troubles du comportement alimentaire, mais que en pratique on constate que cela est bénéfique. Que c'est l'inverse qui se produit et qu'en aucun cas cela affaiblit le système immunitaire. D'ailleurs, les animaux, lorsqu'ils sont malades et ont de la fièvre ne jeûne-t-ils pas spontanément  pour justement ne pas se surcharger et renforcer leur système immunitaire ? C'est au contraire la surcharge métabolique qui est responsable d'une surchauffe du système immunitaire, comme celle que l'on appelle l'inflammation de bas grade et qui est préjudiciable pour de nombreuses pathologies : allergiques, infectieuses, auto-immunes, cardiovasculaires... etc.

Que pensez-vous des structures en vogue qui proposent des randonnées durant lesquelles les participants pratiquent le jeûne ?

Je pense que c'est très bien. Attention toutefois : est adapté au jeûnes dits de « bien être », mais que pour un jeûne dit « thérapeutique » (pour perdre du poids par exemple), il faut être encadré par des médecins.