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NUCLEAIRE, TOUS LES COUTS SONT PERMIS, Bretagne Durable - n°14 - hiver 2015

3,50 €

Sommaire: 

Au sommaire de ce numéro :

  • Échos d'ici et d'ailleurs
  • La vie du réseau
  • Controverse - Pour ou contre la vaccination
  • Un temps avec.........Hubert Reeves « Je reste volontairement optimiste »
  • Dossier : NUCLEAIRE, TOUS LES COÛTS SONT PERMIS
  • Vagabondages..........Les P’tits doudous aux petits soins, Pêche : le bar en première ligne
  • Initiatives.............Le réseau pour l’humanité ; Des initiatives pour l’océan ; Deux flambées par jour ; Vieillir ? Et alors...
  • Portrait de militant : Agnès Ravel : « Maçonne avant tout »
  • Territoires.........................................Pays de Lorient : un essai à transformer
  • Société............... Climat : où sont les citoyens ?
  • En pratique.............Il est bon mon poisson ?
  • À faire cette saison .....À table - Au jardin - Au foyer
  • Lumières..........Jean-Claude Pierre : Citoyens du monde ; Michel Puech : Agir pour le soutenable
  • Carnet de balade..................Plogoff, mémoire d’une lutte entre lande et mer
  • Éco-Club............ Rubrique d'expression citoyenne
  • Arts & Culture
  • Sur la toile
  • Sortons !
  • Carnet d’adresses

Édito: 

De l'électricité dans l'air

Diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, diviser par deux la consommation d’énergie, atteindre 32 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie d’ici 2030, sont les pierres angulaires de la récente loi de transition énergétique, adoptée cet automne. Selon le ministère, cette loi « pour la croissance verte » devrait permettre « la création de 100 000 emplois en 3 ans ». Outre ces objectifs louables à long terme, les mesures immédiates prévues par ce texte déçoivent les ONG, comme Greenpeace, les Amis de la terre, le réseau action climat ou France nature environnement. Pour ces ONG, 20 milliards d’euros par an seraient nécessaires pour de telles ambitions, quand Ségolène Royal en promet la moitié sur 3 ans…

Alors qu’il était également prévu de réduire drastiquement la part du nucléaire dans le mix énergétique, la loi le conforte comme une énergie d’avenir, en plafonnant simplement la production de cette énergie décarbonée (sans CO2), sans garantir la fermeture d’une centrale. « La tentation est grande de limiter la transition énergétique à la seule lutte contre le changement climatique, et à la seule réduction des émissions de CO2, au bénéfice du secteur nucléaire... », observe l’association Global Chance. Pourtant, depuis Tchernobyl et Fukushima, les risques de l’atome sont concrets.

Et les récentes pertes de 3 milliards annoncées par Areva (le leader mondial), dont l’État est le principal actionnaire, rappellent aussi qu’il faudra un jour payer le vrai prix du nucléaire.

Actualités

Ségolène Royal tire à boulet rouge sur la transition énergétique

La ministre de l'Environnement s'est déclarée favorable à la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires françaises. Une annonce qui ulcère les différents acteurs écologistes, pour qui la transition énergétique est remise en question avec cette annonce. Certains y voit un appel du pied au « monde de la finance » pour sauver EDF, dont le bénéfice net a chuté de 67,9% en 2015.

« Sous réserve de l'avis de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) », Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, de l'énergie et de la mer, a affirmé sur France 3 être prête à « donner le feu vert » pour prolonger la durée de vie des centrales nucléaires françaises de dix ans, passant ainsi de 40 à 50 ans. Un argument économique est mis en avant : ces centrales, dont le coût serait déjà « amorti », produiront selon la ministre une électricité « meilleur marché ».

Les réactions des défenseurs de l'environnement ont été vives. Corinne Le Page, ancienne ministre de l'Environnement, a ressorti sur Twitter un chiffre d'un rapport de la Cours des comptes du mois de février : « Et pourquoi Ségolène Royal dit-elle que le coût de l'électricité sera faible, alors qu'il faut investir 100 milliards pour sécuriser les centrales ? »

« L'écologie, c'est fini »

L'ancienne candidate à la présidentielle a ajouté que cette mesure entrerait en adéquation avec la loi de transition énergétique (LTE) du 17 août 2015, qui vise à diminuer la part de production d'énergie nucléaire en France de 75 à 50%. Une précision qui n'a pas empêché la levée de boucliers des représentants d'Europe écologie les verts (EELV).

Sur Twitter, David Cormand, secrétaire national du parti, estime que la ministre de l'Environnement « met à mort la LTE (…). L'écologie, c'est fini ». Dans un communiqué, l'eurodéputée écologiste Michèle Rivasi réagit à une annonce « catastrophique », « un renoncement de plus ». « En conditionnant cette prolongation au feu vert de l'ASN, le gouvernement joue un jeu dangereux », explique-t-elle, étayant que l'ASN « ne dispose pas d'effectifs suffisants pour bien effectuer son travail ». Selon elle, le but est surtout de sauver le groupe EDF, mis « au pied du mur » économiquement par une « mauvaise gestion gouvernementale ». Un avis partagé par Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du nucléaire : « Pour EDF, avoir le soutien de la ministre permet de ne pas trop couler en bourse. C'est aussi reculer pour mieux sauter sur la question des démantelements et rassurer les investisseurs. » Elle pointe aussi du doigt « un mensonge sur le fait d'avoir de l'électricité à meilleur marché ». Une possibilité « totalement illusoire », vu le coût des travaux pour assurer la sécurité des installations.

« Ca ne change rien »

Dans tous les cas, l'ASN aura le dernier mot sur la question de la viabilité des centrales et la possibilité de prolonger leur durée de vie. « Pour nous, ça ne change rien, on continuera le boulot », explique une source de l'Autorité. Le 20 janvier dernier, lors de ses vœux à la presse, le président de l'ASN Pierre-Franck Chevet a expliqué que « la poursuite du fonctionnement des centrales nucléaires au délà de 40 ans n'est pas acquise : les conditions de cette poursuite restent largement en débat ». Les études pour un réexamen de sûreté doivent démarrer cette année et l'ASN doit rendre un premier « avis générique » en 2018. Elle ne se prononcera ensuite qu'à partir de 2020, réacteur par réacteur, pour autoriser des travaux qui permettraient de prolonger leur durée de vie.

 

Plus d'infos :

http://www.sortirdunucleaire.org/

http://eelv.fr/

http://www.asn.fr/

 

Crédit photo : Pixabay.com

Jean Jouzel : "Nous sommes tous concernés par le réchauffement climatique"

400 personnes sont venues écouter Jean Jouzel, vice Président du Groupe Intergouvernemental d'Expert sur le Climat (Giec), hier soir, à Saint-Brieuc. Un évènement co-organisé par le Conseil Départemental des Côtes d'Armor et Saint-Brieuc Agglomération, en partenariat avec Bretagne Durable. Avant la conférence, le célèbre climatologue a rencontré des élèves du collège Racine, à Saint-Brieuc. En marge de cette rencontre, ils nous a accordé une interview dans laquelle il s'exprime sur les conséquences du réchauffement climatique et sur les moyens à mettre en oeuvre pour le maintenir en dessous de 2°. 

 

100% d'électricité renouvelable en 2050 : la discrète étude de l'Ademe

 © Fotolia 

Une électricité 100% renouvelable en France d'ici 2050, c'est possible ! C'est en tout cas ce que stipule un rapport commandé à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), en vue du colloque qu'elle organise les 14 et 15 avril prochain sur les énergies renouvelables. Mais la publication du document a finalement été repoussée. Ses conclusions dérangeraient-elles le gouvernement qui table au mieux sur 40% d'électricité renouvelable dans le mix énergétique d'ici 20"0 ? C'est en tout cas la question que soulève Médiapart qui s'est procuré le fameux rapport. 

Le coût du nucléaire en question

Pour Julien Bayou et Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux d'Europe Ecologie les Verts (EELV) qui s'exprime dans un communiqué, cette étude est "riche d'enseigenment" car, "d’après les simulations effectuées, le prix au mega watt heure est quasiment le même qu’avec un mix énergétique à 40% de renouvelables et…50% nucléaire". Pour les écologistes, "ce rapport vient donc confirmer celui du député écologiste Denis Baupin sur le coût réel du nucléaire : le nucléaire, entre maintenance du parc, gestion des déchets et du démantèlement et explosion des coûts prévus pour l’EPR, représente des investissements colossaux qui détruisent le mythe d’une énergie peu onéreuse, sans même parler du risque majeur qu’elle fait peser sur la population en cas d’accident grave".

 

La France 100% renouvelable : le rapport de l'Ademe disponible sur le site d'Enercoop

 

Initialement publié par Médiapart puis relayé par d'autres médias, le rapport de l'Ademe "Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050" est disponible en accès libre sur le site d'Enercoop. Le fournisseur d'énergies renouvelables justifie ce choix en ces termes : "nous pensons qu'une France 100% renouvelable est possible et, surtout, nous voulons une transparence maximale en terme de choix énergétiques pour notre pays". En voulant dissimuler cette étude, le gouvernement et son administration lui auront finalement fait une bonne publicité !

 

Téléchargez le rapport "Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050" sur le site d'Enercoop 

 

Pour aller plus loi, retrouvez notre dossier sur le coût du nucléaire dans le numéro 14 de Bretagne Durable

Choisir les énergies de la liberté

Libres ! Le titre du nouveau film de Jean-Paul Jaud (Nos enfants nous accuseront, Tous cobaye ?) sonne tantôt comme une proclamation, tantôt comme un soulagementJoseph et ses amis sont des petits français qui suivent un stage de musique dans une ferme bio. Sans savoir qu'a quelques kilomètres se trouvent 4 des 58 réacteurs nucléaires du pays. Des installations qui représentent une menace silencieuse mais bien réelle... Le film présente aussi Hiroto et Nagomi, enfants japonnais vivant près de la centrale de Fukushima. Et qui évoluent dans une nature autrefois complice de leurs jeux mais devenue hostile. Libres ! c'est aussi la vie d'Emannuel, Niklas, Noah, Sofus et Victoria, jeunes vivant sur l'île danoise de Samsø, surnomée "L'île aux énergies renouvelable". Dans ce lieu jalonné d'éolienne et de panneaux photovoltaïques, les enfants s’épanouissent avec insouciance et en toute sécurité. Au travers de ces récits, le documentaire se veut être un "parcours initiatique sur les énergies renouvelables" tentant de démontrer que les choix énergétiques que nous faisons sont intiment liés avec la liberté des générations à venir.

Libres ! De Jean-Paul Jaud, 1h45 min, sortie le 11 mars 2015

Bande annonce : 

 

Michèle Rivasi : "L'écologie n'est pas à brader"

Députée européenne Europe Ecologie Les Verts (EELV), Michèle Rivasi s'inquiète de l'explosion possible de son parti. Elle regrète que certains membres de son parti soient tentés par les sirènes social-libérales. Au détriment de l'écologie....

Michèle Rivasi est une militante très active contre le nucléaire. Elle est notamment la fondatrice de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Retrouvez son interview dans le dossier consacré au nucléaire dans le numéro d'hiver de Bretagne Durable, encore disponible durant quelques jours en kiosque et en vente en ligne sur notre site !

" Depuis quelques semaines le petit monde médiatique bruisse de dites grandes divisions et d’un risque de scission d’Europe Ecologie – Les Verts. Cela tient au fait que demain ait lieu une réunion dans une salle sombre de l’Assemblée nationale (est-ce le meilleur cadre pour répondre à la crise de représentation actuelle ?) de chevaux de retour de l’écologie et de la politique politicienne.

 Ce petit groupe revendique « le choix de porter des réformes nécessaires (pacte de compétitivité, loi Macron, loi transition énergétique...) » tandis que le renoncement à faire face à la question écologique de la part du gouvernement est chaque jour plus criant.
 
Cette réunion du club Repères (je ne suis pas sûre de l’orthographe) réunit certes de sincères figures de l’écologie à l’instar de Denis Baupin ou Corinne Lepage avec lesquels j’ai mené des combats que ce soit contre le nucléaire ou la pollution électromagnétique, mais surtout de vieilles barbes rompues aux manœuvres politiciennes de bas étage et d’ex écologistes revanchards prêts à tout pour faire exploser cette famille politique EELV qui demeure dans le paysage politique actuel le seul mouvement portant un projet de société nouveau et une nouvelle façon de faire de la politique en associant les citoyens.
 
L’écologie n’est pas à brader sur l’autel de quelques ambitions personnelles pour goûter au confort douillet d’un maroquin ministériel. Renoncer au paradigme écologiste pour coller à la dérive sociale-libérale et autoritaire du gouvernement actuel c’est trahir les fondamentaux de l’écologie politique.
 
Il est urgent, comme nous l’avons fait en 2008 – 2009 avec Europe Ecologie sous la houlette de Dany Cohn-Bendit, de rassembler le peuple de l’écologie dans sa diversité en réunissant l’ensemble des acteurs de ce monde en transition qui invente ici et maintenant un vivre-mieux ensemble. Sur la base d’un contrat co-élaboré avec de fortes ambitions programmatiques en matière de refus de voir se réaliser de grands projets inutiles et d’exigences à avoir pour mettre en place une véritable fiscalité écologique et un programme de soutien à des filières écologiques créatrices d’emplois.
Cela doit se faire d’en bas. Cela doit partir de cette multitude en marche qui créée et cherche un débouché politique : Alternatiba, les AMAP, les acteurs de l’économie du lien et du partage, les agriculteurs biologiques, les consom’acteurs, les entrepreneurs s’engageant dans une démarche écologiquement et socialement responsable…
Le chemin à prendre aujourd’hui est justement l’inverse de celui pris par les « éco-gardes » de Matignon qui font de la politique comme « grand papa » rassemblant un casting de politiciens d’hier en oubliant la société en mouvement. Nous sommes dans un remake raté de 2008. N’est pas Dany qui veut !

Le choix est simple pour les écologistes : inventer ou renoncer ; oser ou trahir. La formule de René Dumont : « l’utopie ou la mort » est plus que jamais d’actualité.​​ "

 

Michèle Rivasi - (députée européenne,  vice-présidente du Groupe Verts / ALE)

Loi de transition énergétique : tous mobilisés pour la sauver !

Rennes, le 5 mars 2015 - Les Acteurs en transition énergétique, collectif qui rassemble entreprises, fédérations professionnelles, syndicats, collectivités et ONG, voit en la transition énergétique une chance pour l'emploi, l'environnement, la santé et pour la réappropriation des enjeux énergétiques par les territoires. Les Acteurs en transition énergétique s’inquiètent de la direction que prend cette loi, qui risque d’être vidée de son sens, perdant en grande partie son impact positif pour les territoires. Ils se mobilisent aujourd’hui, à travers toutes les régions françaises, pour le faire savoir.

Le consensus de l’Assemblée Nationale mis à mal par le Sénat

Alors que l'Assemblée nationale a voté en octobre 2014 le projet de loi sur la transition énergétique avec des objectifs intéressants, et ce même si les mesures y étaient encore insuffisantes. Le Sénat, en ce début de semaine, a déstructuré le texte, lui enlevant plusieurs objectifs et mesures indispensables. C’est maintenant à une Commission mixte paritaire de tenter de trouver un accord entre les deux chambres, le 10 mars. Les Acteurs en transition énergétique s’alarment : le texte du Sénat n’est pas à la hauteur des enjeux, il faut respecter le consensus trouvé à l’Assemblée Nationale.

Deux objectifs clés : mettre fin au gaspillage d’énergie, faire place aux renouvelables

Pour une véritable loi de transition énergétique, qui permette de passer aux renouvelables, seule solution pour le climat et vraie chance pour l’emploi et le développement local, il faut impérativement :

·         Fixer un objectif de réduction de 20%de la consommation d’énergie finale en 2030, pour réduire les gaspillages et soulager le budget des ménages, des collectivités et des entreprises

·         Respecter l’engagement de réduire la part du nucléaire à 50% de la production d'électricité en 2025 sans augmenter la puissance nucléaire installée actuelle, afin de faire de la place immédiatement pour le développement des renouvelables.

Les Acteurs en transition énergétique ont aussi fixé 4 autres lignes rouges sur lesquelles aucun compromis ne serait acceptable, notamment : Fixer un objectif de performance énergétique ambitieux pour la rénovation des bâtiments anciens, rendre les plans de mobilité efficaces et obligatoires pour les entreprises de plus de 100 salariés dès 2018, lever les freins au développement des énergies renouvelables et, en particulier, ne pas augmenter la distance minimale entre les éoliennes et les habitations, prendre en compte tous les gaz à effet de serre dans la stratégie bas carbone.

« La France est en retard pour préparer son avenir énergétique sobre et tourné vers les renouvelables », explique Nicolas Debray, directeur d’Enercoop Bretagne. « Localement les collectivités et les citoyens n'attendent pas et prennent à bras le corps ce sujet depuis déjà quelques années. La nouvelle loi sur la transition énergétique doit être non pas un frein mais un accélérateur de ce qui se prépare dans les territoires.»

« A Béganne, les citoyens ont pris en main leur avenir énergétique en se mobilisant pour créer et financer un parc éolien. » souligne Michel Leclercq, vice président fondateur d'Eoliennes en Pays de Vilaine, Membre fondateur de Bégawatts. « Ce projet suscite la création d'autres parcs éoliens citoyens, cependant pour que cette dynamique s'amplifie, il nous faut lever des verrous administratifs et une loi qui donne clairement la priorité aux énergies renouvelables. »

Des représentants locaux des Acteurs en transition énergétique, notamment des antennes locales de Greenpeace, remettront dans les prochains jours un courrier porteur de ces demandes aux députés locaux.

Contacts: Nicolas Debray, directeur d’Enercoop Bretagne 06 84 97 04 67 et Michel Leclercq vice président fondateur d'Eoliennes en Pays de Vilaine 06 72 35 76 57

Qui sont les Acteurs en transition énergétique? Ce collectif représente 1 million d’emplois dans ses entreprises, 700.000 membres dans ses ONG, 1,2 million d’adhérents dans ses syndicats, 600 collectivités. Plus d’infos sur nos demandes ici.

Pour Pierrick Massiot : "Le Sénat condamne le développement des éoliennes en Bretagne"

Par la Région Bretagne - le 3 mars 2015

Alors que le Sénat vote aujourd'hui le projet de loi sur la transition énergétique, le Président du Conseil régional de Bretagne s'inquiète fortement des modifications qui ont été apportées au texte en matière de développement éolien. Parmi elles, un amendement qui fixe à 1 km la distance minimale entre un parc éolien et les habitations, contre 500 mètres aujourd'hui.

Pour le Président du Conseil régional : "Le Sénat, qui n'a pas peur des contradictions, propose un objectif très ambitieux de développement des énergies renouvelables tout en prohibant l'installation de nouvelles éoliennes. Il grève la capacité des territoires, dont il se veut le représentant, à s'engager dans la transition énergétique. En Bretagne, où l'habitat est très dispersé, les éoliennes ne pourront être installées que sur 0,8 % du territoire ! Aujourd'hui, le texte condamne la filière éolienne française à une mort certaine. Il faut que la commission mixte paritaire, qui se réunira le 10 mars, se saisisse prioritairement de ce sujet et donne le ton de nos ambitions pour la Conférence Paris Climat de décembre".

La Bretagne est la troisième région française en termes de puissance éolienne installée. Plus d'une centaine de communes accueillent des parcs éoliens et la filière éolienne compte aujourd'hui près de 400 emplois.

  

La 14ème Conférence bretonne de l'énergie suscite le débat

La 14ème conférence bretonne de l'énergie s'est déroulée mercredi sous la houlette du président du conseil régional, Pierrick Massiot, et du préfet de région, Patrick Strzoda. Objectif affiché : réunir les acteurs du secteur de l'énergie pour aborder le projet de loi sur la Transition Énergétique et les moyens pour la mettre en œuvre en Bretagne. Dans un communiqué reproduit ci-dessous, le conseil régional s'est félicité d'une rencontre destinée à « poursuivre les efforts engagés en faveur de la transition énergétique en Bretagne ». Convié à participer à la rencontre, le Collectif Gaspare, qui rassemble les opposants à la centrale à gaz de Landivisiau, a décliné l'invitation. Dans une lettre ouverte au préfet de région et au président du conseil régional (également reproduite ci-dessous), Gaspare désigne la conférence comme étant une « chambre de validation de décisions déjà prises ». Et appelle à la mise à jour du Pacte électrique breton.  

 

Le communiqué diffusé par le conseil régional de Bretagne et le préfet de la région Bretagne, le mercredi 18 février 2015 :

 

L’État et la Région accompagnent les territoires

pour la transition énergétique en Bretagne

 

Le Préfet de région, Patrick Strzoda, et le Président du Conseil régional, Pierrick Massiot, ont réuni, ce mercredi 18 février, la 14e Conférence bretonne de l’énergie afin de poursuivre les efforts engagés en faveur de la transition énergétique en Bretagne.

Alors que le projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte est en cours de discussion au Sénat, la Conférence a été l’occasion de présenter aux acteurs bretons de l’énergie les dispositifs et les financements qui leur permettront de mettre en œuvre concrètement la transition énergétique. Qu’il s’agisse de développement des énergies renouvelables, de rénovation énergétique de l’habitat, de réseaux électriques intelligents…, les leviers à disposition des territoires sont nombreux.

S'agissant des réseaux électriques intelligents, un temps fort a été consacré à l'avancement de la feuille de route régionale, et à la candidature de la Bretagne aux dispositifs du plan national “réseaux électriques intelligents”, lancé dans le cadre de la “Nouvelle France Industrielle”.

Dans un second temps, les bilans énergétique et thermique (Énergies renouvelables, boucles énergétiques locales, dispositif Certificat d’économie d’énergie) ont également été présentés aux participants (cf encadré)

À l’issue de la conférence, le Préfet de Région et le Président du Conseil régional ont félicité les six lauréats bretons de l’appel à projet « territoires à énergie positive pour la croissance verte », initié par le Ministère de l’écologie, du développement durale et de l’énergie, et leur ont remis le panneau actant leur engagement dans la démarche.

Les six collectivités lauréates – Brest Métropole, la Communauté de communes du Mené, Saint-Brieuc Agglomération, le Pays de Centre Ouest Bretagne, Lorient agglomération et la Communauté de communes du Val d’Ille – se verront attribuer une enveloppe financière qui leur permettra de financer rapidement les projets et actions concrètes qui contribueront à la baisse de la consommation d’énergie sur le territoire, à la production d’énergie renouvelable et à la mobilisation citoyenne. Pour cinq d’entre elles, déjà « Boucles énergétiques locales », ces financements se rajouteront à ceux du Conseil régional.

La Bretagne souhaite s’inscrire pleinement dans la préparation du sommet sur le Climat (COP21) qui se déroulera à Paris fin 2015. Pour renforcer cette démarche, la conférence bretonne de l’énergie couvrira désormais l'ensemble des thématiques prévues dans la future loi relative à la transition énergétique.

Bilan 2014 de production des énergies renouvelables (EnR) électriques et thermiques

Les EnR électriques atteignent 1305 MWé raccordés à fin 2014, soit +5,1 % par rapport à 2013 (x3 par rapport à 2005).

Eolien : 44 MW supplémentaires ont été raccordés, dont le parc éolien citoyen de Béganne pour 8,2 MWé dans le Morbihan ;
Photovoltaïque : plus de 1000 nouveaux raccordements (1114) pour 17 Mwé ;
Biomasse : 9 raccordements de cogénérations biogaz (1,5 MW électriques environ), 10 % d’énergie primaire supplémentaire produite ;
Chaufferies bois : la consommation de bois en chaufferie atteint 400 000 t / an réparties entre 384 chaufferies (environ* 40 supplémentaires en 2014).

 

La lettre ouverte au préfet de la région Bretagne et au président du conseil régional de Bretagne publiée par le collectif Gaspare, le 16 février 2015 :

Les français ne sont pas climato-sceptiques

Les français sont de plus en plus préoccupés par les changements climatiques. C'est ce que révèlent les résultats d'un sondage de l'institut Ipsos, réalisé en janvier dernier sur un panel de 995 personnes, pour le compte de l'agence Havas-Paris.

20% des personnes interrogées se déclarent « très inquiets » et 57% « inquiets » par les conséquences des changements climatiques comme la plus grande fréquence des inondations, des tempêtes ou encore des sécheresses. Les sondés redoutent particulièrement des effets sur la faune et la flore (90%), sur la santé (80%). Mais aussi sur les dépenses publiques (84%) et l'activité économique (73%). A noter : 80% des personnes interrogées imputent la responsabilité des changements climatiques à l'activité humaine. Les français seraient donc guéris du climato-scepticisme.

Contraindre les entreprises

Ils sont aussi 50% à ressentir un sentiment « d'urgence » face à la situation. Et beaucoup pensent que les entreprises devraient davantage se mobiliser pour préserver l'environnement : 63% des sondés estiment les sociétés devraient surtout s'investir dans « la lutte contre le gaspillage des matières premières », 44% dans la « réduction de leurs consommations d'énergie ou d'eau » et 44% dans « la conception de produits et solutions innovantes ayant moins d'impact sur l'environnement ». Des français qui estiment aussi pour 40% d'entre eux que le changement viendra par « les réglementations édictées pas les pouvoirs publics ». En revanche, seulement 23% pensent que les entreprises se mobiliseront sous « la contrainte de l'opinion publique ». Aussi, 93% croient que l'organisation de la Conférence mondiale sur le climat à Paris, à la fin de l'année est « une bonne chose ». Espérons que les chefs d’État et leurs délégations ne briseront pas leurs espoirs...

Pour aller plus loin, retrouvez notre article sur la faible mobilisation citoyenne face aux enjeux climatiques dans le dernier numéro de Bretagne Durable.

 

 

 

 

 

 

« Le projet de Bure est terrifiant »

« Sur le plan éthique, le projet de Bure est terrifiant ». Corinne Lepage, ancienne ministre de l'environnement et présidente du parti LRC-Cap 21, ne mâche pas ses mots pour parler du centre d'enfouissement de déchets radioactifs situé à 500 m de profondeur, entre les départements de la Meuse et de la Haute-Marne. En conférence à Joinville (52) le 20 janvier dernier pour présenter son dernier ouvrage, L’État nucléaire, la militante écologiste a également déclaré que « enfouir ces déchets est une responsabilité qu'une génération ne peut prendre ».

De l'expérimentation au stockage industriel

Créé en 1994, le site de Bure était à l'origine dédié à l'expérimentation sur le stockage de déchets radioactifs en couche géologique profonde. Mais l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a été chargée par la loi de programme du 28 juin 2006 de concevoir et d'y implanter un centre de stockage pour ces déchets appelé Cigéo (Centre industriel de stockage géologique). Il est alors prévu que le site devienne un lieu d'enfouissement pour les déchets de haute et de moyenne activité à vie longue (les déchets les plus radioactifs et dont la durée de vie est la plus importante) dès 2025. Le débat public qui s'est déroulé en 2013 a cristallisé de nombreuses tensions et interrogations sur différents thèmes : financement du projet, imperméabilité du site à long terme ?... Pour le réseau Sortir du nucléaire, commencer à enfouir « cest laisser la possibilité à l’industrie de persister ». Le volume de déchets qu'il est prévu de stocker à Cigéo est estimé à 80 000m3 par l'Andra.

Pour aller plus loin, retrouver notre dossier sur les coûts du nucléaire et la transition énergétique dans le dernier numéro de Bretagne Durable. 

« L’énergie de demain pour les citoyens d’aujourd’hui »

Installé en Bretagne depuis 2001, P&T Technologie développe, construit et exploite des parcs éoliens. Avec près de 100 MW développés et installés sur le sol breton, P&T Technologie est un acteur majeur de la transition énergétique de la région.

Entreprise moteur dans la concertation avec les citoyens, P&T Technologie est partenaire de l’association «Énergie des Fées» pour accompagner le développement du parc éolien citoyen sur la communauté de communes de la Roche aux Fées en Ille-et-Vilaine.

Aujourd’hui, notre équipe gère depuis Rennes l’exploitation de 66 éoliennes qui s’ajoutent aux 600 éoliennes de notre société-mère Energiequelle, créateur du premier village autonome en énergies d’Allemagne à Feldheim.

Plus d'info :

www.pt-technologie.fr

Retrouvez également des articles sur le développement des énergies renouvelables en Bretagne dans le dernier numéro de Bretagne Durable dédié au coût de l'énergie nucléaire.

Energie TEAM, acteurs de l'éolien breton

EnergieTEAM Exploitation SAS, 5ème exploitant français de parcs éoliens, assure actuellement la construction de 7 nouveaux parcs éoliens et l’exploitation de 160 éoliennes (360MW de puissance installée) réparties sur 35 parcs, dont trois en Bretagne : à Cruguel (56), Silfiac (56) et Pouisy (22).

Expérimentée avec ses parcs éoliens réalisés depuis 2005 et des turbines des plus grands constructeurs, pluridisciplinaire avec des spécialistes (génie civil, génie électrique, électrotechnique, maintenance, qualité..), spécialisée dans la production d’énergie verte et innovante avec ses développements de prestations et d’outils d’exploitation, EnergieTEAM Exploitation SAS poursuit son développement et recrute des chargés d’exploitation en région, un technicien HSE et un chargé de construction.

Augmenter la production d'ici 2016

« Notre métier d’exploitant de parcs éoliens consiste à assurer le suivi des installations de production 7 jour sur 7 et 24h sur 24 et à en optimiser la sécurité et la rentabilité. L’exploitant porte d’ailleurs la responsabilité de ces installations de production d’électricité verte face aux différents enjeux humains, techniques et réglementaires » explique Emmanuel Robert, Directeur Général Energie TEAM Exploitation. « D’ici la fin 2016, nous augmenterons a minima (en ne tenant compte que de nos développements internes) notre capacité de production de 200MW supplémentaires. »

Plus d'infos sur : 

www.energieteam.fr 

Retrouvez des articles sur le développement des énergies renouvelables en Bretagne dans le dernier numéro de Bretagne Durable dédié au coût de l'énergie nucléaire.

 

« le nucléaire coûtera de plus en plus cher »

La coopérative Enercoop Bretagne, créée en mars 2013 regroupe les acteurs de la transition énergétique du territoire : consommateurs, salariés, producteurs et collectivités. Ce sont ainsi plus de 2000 foyers bretons qui ont choisi une électricité 100% renouvelable, refusant ainsi les énergies fissiles et fossiles. Entretien avec Nicolas Debray, directeur d'Enercoop Bretagne, fournisseur d'électricité d'origine 100 % renouvelable. Retrouvez également Enercoop dans le dernier numéro de Bretagne Durable dédié au coût de l'énergie nucléaire.

 

Le prix régulé de l'électricité n'a cessé d'augmenter depuis plus de 10 ans. Pourtant, l'énergie nucléaire (qui permet l'approvisionnement de 80 % de l'électricité française), est censée nous offrir l'un des tarifs les moins chers du monde... Comment analysez-vous cette hausse alors que les énergies renouvelables apparaissent de plus en plus compétitives ?

Au démarrage d'Enercoop, en 2007, nous étions environ 45 % plus cher que le tarif régulé proposé par l'opérateur historique. 7 ans plus tard, nous ne sommes plus que 18 % plus cher.Ce rapprochement tarifaire en peu de temps montre à quelle vitesse l'écart se resserre. Pourtant, durant 7 ans, nous n'avons pas augmenté nos tarifs. Car nous construisons notre prix de vente sur un prix juste entre le producteur et le consommateur.

Quant à l'électricité d'origine nucléaire, pensez-vous que son prix va encore continuer d'augmenter ?

EDF le dit : ça va encore augmenter. De fait, le prix de l’électricité nucléaire, neuf (type EPR) ou ancien, va augmenter... La question est plutôt : « De combien ? ». Or on ne sait pas combien coûte un démantèlement. C'est selon moi une raison pour laquelle on repousse d'ailleurs cette question épineuse.

Plus évocateur encore, on est depuis 10 ans au niveau le plus bas du coût de l’énergie nucléaire. Car nous sommes sur de l'électricité produite dont l'outil a été largement amorti. Le hic, c'est qu'il reste beaucoup plus de choses à payer que prévu. Certes, une partie de la somme nécessaire a été provisionnée, en cas de surcoût du démantèlement, EDF sera obligée de vendre le réseau de transport de RTE par exemple. Mais suffira-t-elle ? Démantèlement, hausse des niveaux de securité post Fukushima et attentats (coût non encore provisionné mais qui se répercute dans la facture), prolongation des centrales pour l'entretien, traitement des déchets, coût sanitaire et écologique...

Face à cette hausse des prix du de l'électricité nucléaire, les énergies renouvelables (ENR) sont-elles désormais aussi compétitives ?

Le choix politique des tarifs bas n'est plus tenable pour EDF par rapport aux contraintes économiques, sinon cela signifierait que l’État subventionne le démantèlement de l'énergie nucléaire. En terme de compétitivité, le nucléaire « neuf » (EPR) n'est pas non plus compétitif, face à l'énergie éolienne par exemple. On peut aisément montrer que si les coûts des ENR baissent et baisseront, ceux du nucléaire ne cesseront d'augmenter. En somme, en face d'un choix politique obsolète et d'un modèle français centralisé lourd en investissement et en risques, Enercoop déploie son alternative coopérative, décentralisée et renouvelable. L'objectif : favoriser la réappropriation citoyenne des questions d'énergie. Et pour ce qui est du lien entre la production et la consommation, il nous faut aujourd'hui changer de paradigme en adaptant la consommation à la production et non l'inverse. C'est la dernière étape avant la future généralisation massive des énergies renouvelables. C'est un passage obligé, que nous avons amorcé très tôt en France avec les heures creuses, qu'il faut maintenant adapter aux renouvelables et non plus au nucléaire.

Pour conclure, à la question « pourra-t-on faire un jour du 100% renouvelable ». La réponse est oui par définition, puisqu'un jour, ce qui n'est pas renouvelable disparaîtra. La question est plus de savoir quand, et est-ce que ça sera subit ou voulu. Et il n'est jamais bon de subir les choses.

Plus d'infos :

www.enercoop-bretagne.fr

 

Enercoop, le service citoyen de l'énergie

En face d'un choix politique obsolète et d'un modèle français centralisé lourd en investissement et en risques, Enercoop déploie son alternative coopérative, décentralisée et renouvelable. Depuis 2004, la coopérative poursuit ces objectifs : contribuer à la maîtrise de la consommation d'énergie, promouvoir et développer les renouvelables, dans la lignée du scénario Négawatts, et favoriser la réappropriation citoyenne des questions d'énergie. La coopérative régionale bretonne, créée en mars 2013 regroupe ainsi les acteurs de la transition énergétique du territoire : des consommateurs et des salariés, des producteurs et des collectivités, des partenaires comme l'Agence Locale de l’Énergie ou le SDE35. C'est ainsi plus de 2000 foyers bretons qui ont choisi une électricité 100% renouvelable, refusant ainsi les énergies fissiles et fossiles.

Si, pour les premiers convaincus, le surcoût a été important, aujourd'hui, il n'est plus que de quelques euros par mois en moyenne pour un foyer sans chauffage électrique; un écart qui va encore se réduire dans les années à venir puisque les tarifs d'Enercoop sont stables depuis 2007. Le pari qui avait été fait alors était de vendre l'électricité... à son juste prix !

Après bientôt 10 ans d'existence et fort d'un réseau de 8 coopératives régionales, c'est localement qu'Enercoop va participer à l'avènement des énergies renouvelables avec aux cœurs de ces projets, les citoyens et les collectivités, faisant ainsi naître un service citoyen de l'énergie.

 

L’éolien en Bretagne, dans le vent de la transition énergétique

Par FEE Bretagne

L’éolien est une énergie renouvelable, compétitive et créatrice d’emplois. Grace aux avancées technologiques et au retour d’expérience de la filière, son coût de production continue de baisser. Aujourd’hui, la filière française compte 10 480 emplois
au sein de 760 sociétés.

« Dans le contexte actuel de transition énergétique, l’énergie éolienne est une réponse appropriée aux enjeux économiques et sociaux de diversification du mix électrique français. L’éolien est une des clés du changement dans la manière de produire durablement de l’électricité à bas coût, plus propre et indépendante des ressources fossiles », Jean-François Leblanc,
Délégué régional ouest FEE. Avec 806 MW d’éolien terrestre raccordés au réseau breton au 30 septembre 2014, le développement de l’éolien a pris beaucoup de retard par rapports aux objectifs fixés par le schéma régional éolien
(1 800 MW à l’horizon 2020). « L’espace disponible se fait de plus en plus rare mais les solutions existent : levée des contraintes militaires, installation d’éoliennes en espaces boisés, densification des parcs existants… » poursuit Anne Couëtil, Déléguée régionale adjointe Bretagne.

La région Bretagne accueillera aussi un projet de parc éolien au large de Saint-Brieuc pour une puissance installée de 500 MW à l’horizon 2018-2020. La façade maritime bretonne présente un potentiel considérable (éolien en mer, hydrolien et énergies marines renouvelables), qui contribuera au renforcement d’une filière industrielle locale, à haute valeur ajoutée et prometteuse pour l’export.

Plus d'ifos : fee.asso.fr

 

La commission européenne restreint la pêche au bar

La pêche au bar aux chalutiers pélagiques est désormais interdite dans la Manche jusqu'au 30 avril. La comission européenne vient de prendre cette mesure afin de "protéger le stock quand il est le plus vulnérable", c'est à dire en période de reproduction. La décision concerne particulièrement les pêcheurs français, adpetent de cette technique qui consiste à remorquer un filet évulaunt entre la surface et le fond. Et suceptible d'accroitre les risques de surexploitation des ressources halieutiques. Dans le communiqué publié ci-dessous, l'association des Ligneurs de la pointe de Bretagne évoque un échec de la co-gestion de la pêche dans notre pays.

Pour aller plus loin sur cette question, retrouvez notre reportage sur les enjeux de la pêche du bar au large du Finistère dans le dernier numéro de Bretagne Durable. 

La décision de la Commission Européenne d'interdire aux chalutiers pélagiques de pêcher le bar en Manche du 1er janvier au 30 avril est tombée il y a quelques jours, laissant toute une profession sous le choc. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Cette pêcherie du bar au chalut pélagique est d’un développement récent et avant 1995 les captures n’étaient que marginales. Comment expliquer que, sur cette période, seule la France ait autorisé et encouragé le développement de cette flottille opérant sur la ressource « bar » exclusivement pendant la période de reproduction ?

Dans le même temps, les autres Etats faisaient tout pour brider cette activité, allant même jusqu’à en interdire la pratique à leurs ressortissants ? Il tombe sous le sens que pêcher un poisson sur ses frayères c’est un peu couper la branche sur laquelle on est assis. Comment espérer une belle récolte si on ne laisse pas l’arbre fleurir ?

Et pourtant il y en a du monde sur cette branche : les ligneurs excessivement dépendants de l’espèce, mais aussi les fileyeurs, les chalutiers traditionnels, la pêcherie de loisir dont on sait les retombées économiques vitales pour toute l’économie littorale… Cette mesure d’interdiction prise dans l’urgence ne constitue que la première salve d’une série de mesures dont on sait qu’elles vont être douloureuses pour toutes les parties prenantes.

Elle traduit la faillite d’un système, et si la Commission Européenne se résout à prendre une décision aussi radicale sur une espèce dont la gestion est normalement déléguée aux pavillons nationaux, c’est précisément parce que les états nationaux ont échoué dans cette obligation de gestion. La France porte une lourde responsabilité dans cet échec.

Le système de gestion à la française dit de co-gestion est pourtant un dispositif efficace ayant donné sur la plupart des espèces des résultats performants : quoi de plus judicieux que de confier aux pêcheurs la prise de décisions ensuite validées par les services de l’Etat ? Qui mieux que le pêcheur est capable d’identifier les limites à ne pas dépasser, pour rapidement mettre en œuvre leurs mesures d’autorégulation avec une efficacité prouvée ? Pourtant dans le cas du bar ça n’a pas marché !

Ca n’a pas marché parce que très rapidement, les représentants du segment le plus productiviste des pêches professionnelles ont phagocyté les instances décisionnelles, bloquant toute décision courageuse, et initiant années après années les seules mesures favorisant leur prisede profit immédiat sans la moindre considération pour les impératifs de préservation des ressources.

Ce fiasco dans la gestion du bar, c’est la faillite d’un système de représentation professionnelle qui n’a pas su s’appuyer sur une composition paritaire des différentes composantes de la pêcherie. Un système qui n’a pas su associer scientifiques, pêcheurs de loisirs, ONG, élus politiques à un défi qui nous intéresse tous.

Alors quand nos représentants professionnels poussent leurs cris d’orfraie, dénonçant des mesures aux conséquences dramatiques, nous les renvoyons à leur propre responsabilité. Elus présidents de toute une communauté, ils auraient dû défendre les intérêts de tous. Au lieu de cela, ils ont servi les seuls intérêts de leurs électeurs, avec un parti pris coupable et une vergogne sans pareille. Le travers sans doute d’un système électif uniquement fondé sur une représentation syndicale, naturellement plus à l’aise dans la négociation sociale que sur ces enjeux de gestion des ressources halieutiques.